Carta a Victoire Ingabire de la Federación de Comités en Solidaridad con África Negra

Victoire Ingabire tras su liberación, el 14 de septiembre de 2018

Imagen: REUTERS/Jean Bizimana

Querida Victoire:

El pasado día 14 de septiembre, todas y todos los miembros de los Comités de Solidaridad con África Negra, más conocidos como UMOYA en España, nos quedamos desconcertados ante la inesperada noticia de tu liberación. No podíamos creerlo y, cuando te vimos salir de prisión al día siguiente, tan radiante y digna como siempre, la emoción nos embargó. Hemos llorado de alegría y hemos descorchado champán para celebrarlo, aun sabiendo que la lucha debe continuar.

Nos alegramos de haberte conocido, siempre hemos creído en ti, pero a medida que ha ido pasando el tiempo nos has seducido al ver con qué serenidad has ido afrontando las carencias, las dificultades, los peligros y cualquier contrariedad que se te ha puesto por delante. Estás demostrando una fuerza, una entereza, una dignidad y un compromiso que te hace única y admirable.

Queremos para todas las mujeres del mundo esas cualidades que hemos descubierto en tu persona a lo largo de estos años de apoyo a tu lucha.

Conocimos tu situación desde el principio, cuando te refugiaste en la capilla de la Fundación S’Olivar, de nuestro buen amigo Juan Carrero, para tomar la difícil decisión de apartarte de tu querida familia y dejar tu vida acomodada en Holanda para viajar a Ruanda, consciente de que tu vida peligraba.

Hemos seguido tus pasos todo este tiempo, hecho campañas y apoyado las campañas de otros grupos y países por ti. Leímos tu conmovedor libro escrito desde la cárcel y nos faltó tiempo para traducirlo al castellano, publicarlo y difundirlo. Nos pareció una excelente forma de darte a conocer y acompañar tu lucha por la dignidad, la paz y la reconciliación en Ruanda y en el resto de la región de los Grandes Lagos.

Hemos encontrado en este camino un montón de gente que también ha creído en ti, son tantos que es imposible nombrar a tantas personas. Todas nos han contactado para compartir la alegría de tu libertad.

Ahora, somos conscientes de que por delante queda un camino tortuoso. No podrás salir fácilmente de Ruanda para abrazar a tu familia. El régimen de Kagame no se ha ablandado, ha lanzado esta insólita campaña de fuegos de artificio para distraer, en su continua búsqueda de lavado de cara para obtener la aprobación de las potencias occidentales.

Ya has dejado claro en los medios internacionales que no te rindes, que seguirás comprometida con la lucha por la paz y la justicia en tu país, en nombre de tantas personas olvidadas e invisibilizadas para el resto del mundo. No esperábamos menos de ti.

Con estas palabras queremos decirte en primer lugar: gracias. Un millón de gracias por ser como eres y comportarte como te comportas; por hacer lo que haces y callar lo que callas; por tu saber estar.

En segundo lugar: cuenta con nuestro apoyo, como siempre, en esta nueva etapa que se abre ante ti y tu gente.

 

 Comités de Solidaridad con África Negra – UMOYA


 

Chère Victoire,

Le 14 septembre dernier, tous les membres des «Comités de Solidarité avec l’Afrique Noire», mieux connus sous le nom d’UMOYA en Espagne, nous avons été déroutés par l´inattendue nouvelle de votre libération. Nous ne pouvions pas y croire et lorsque nous vous avons vu quitter la prison au lendemain, aussi rayonnante et digne que d´habitude, une profonde émotion nous a envahi. Nous avons pleuré de joie et nous avons débouché le champagne pour le célébrer, même en sachant que la lutte doit continuer.

Nous sommes heureux de vous connaître, nous avons toujours cru en vous. Et au fur et à mesure du temps, vous nous avez séduits en voyant avec quelle sérénité vous avez fait face aux carences, aux difficultés, aux dangers et aux inconvénients qui vous ont été imposés. Vous faites preuve d’une force, d’une fermeté, d’une dignité et d’un engagement qui vous rendent unique et admirable.

Nous souhaitons pour toutes les femmes du monde ces qualités que nous avons découvertes en vous tout au long de ces années de soutien à votre lutte.

Nous avons eu connaissance de votre situation dès le début, lorsque vous vous êtes réfugiée à la chapelle de la Fondation S’Olivar de notre bon ami Juan Carrero, pour prendre la difficile décision de vous séparer de votre bien-aimée famille et de quitter votre confortable vie aux Pays-Bas pour partir au Rwanda, tout en étant consciente de que votre vie allait être en péril.

Pendant tout ce temps-là nous avons suivi tous vos pas, nous avons fait plusieurs campagnes et soutenu celles d’autres groupes et d´autres pays, toutes en votre faveur. Nous avons lu votre très touchant livre écrit en prison et nous nous sommes empressés pour le traduire à l´espagnol, le publier et le faire circuler. Cela nous a paru un excellent moyen de vous faire connaître et de soutenir votre lutte pour la dignité, la paix et la réconciliation au Rwanda et dans le reste de la région des Grands Lacs.

Tout au long de ce chemin, nous avons rencontré beaucoup de gens qui ont également cru en vous. Ils sont si nombreux qu’il nous serait impossible de tous les nommer. Mais ils nous ont tous appelé pour partager la joie de votre liberté.

À présent, nous savons bien que devant vous se dresse un chemin tortueux. Il ne va pas vous être aisé de quitter le Rwanda pour aller embrasser votre famille. Le régime de Kagame ne s’est pas ramolli, bien au contraire. Il a lancé cette insolite campagne de feux d’artifice pour continuer à distraire, dans son opiniâtre tentative de ravalement de façade du régime pour obtenir la bénédiction des puissances occidentales.

Vous avez déjà nettement déclaré aux médias internationaux que vous ne capitulez pas, que vous resterez attachée à la lutte pour la paix et la justice dans votre pays, au nom de tant de personnes oubliées et rendues invisibles pour le reste du monde. Nous ne nous en attendions pas moins de vous.

Avec ces quelques mots, nous voulons tout d´abord vous dire merci. Un million de remerciements pour être ainsi comme vous êtes, pour agir de la façon dont vous agissez, pour faire ce que vous faites, pour taire ce que vous taisez, pour votre savoir-être.

Et deuxièmement, veuillez bien comptez sur notre soutien, comme toujours, dans cette nouvelle étape qui s’ouvre devant vous et votre peuple.

 

  Les Comités de Solidarité avec l’Afrique Noire – UMOYA

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